Son oeuvre

Rosa Bonheur fut admirée en son temps, notamment par Eugène Delacroix, dont on connaît les remarquables portraits d’animaux, et par Jean-Baptiste Camille Corot car elle était également une grande paysagiste, sensible à la nature et à ses vastes espaces agrestes, des paysages montagneux des Pyrénées, des Alpes, des massifs d’Auvergne aux hautes terres d’Ecosse.

Rosa Bonheur éprouvait de l’admiration et du respect pour le monde rural, le dur labeur du paysan et ses travaux des champs qu’elle s’est largement attachée à peindre dans ses grandes compositions, animées par des troupeaux de bovins, ovins et chevaux, dont certaines races ont disparu de nos jours ou se sont modifiées.

Mais c’est certainement dans le registre animalier que le talent de Rosa Bonheur fut le plus éclatant. Elle savait magistralement livrer la beauté du corps de l’animal et saisir, dans le détail, son anatomie, la nature de sa fourrure et de son pelage.

Son approche naturaliste de l’animal n’exclut pas pour autant une perception humanisée de chaque bête, soulignant la part psychologique qui lui est propre, en quelque sorte elle pénétrait son âme. Elle savait révéler le caractère de chaque animal au travers de ses expressions et de ses attitudes, surtout grâce à l’étude approfondie de l’œil, du regard souvent mélancolique de l’animal qu’elle dessine, peint ou sculpte.

La virtuosité de pinceau de Rosa Bonheur, vif, vigoureux, livre un dessin particulièrement soigné, empreint de virilité. Sa palette est pure, nette, colorée, harmonieuse. Bien qu’elle fréquentât certains peintres célèbres de son époque, elle ne fit partie d’aucun mouvement artistique particulier comme, par exemple, les Impressionnistes. S’étant formée par l’étude de grands maîtres exposés au Louvre, son talent réaliste se rapproche de l’inspiration de l’univers des peintres de Barbizon.

Rosa Bonheur laisse, outre ses grandes compositions, rappelées ici par ailleurs, des centaines de dessins préparatoires, des études, des carnets, de nombreuses aquarelles, autant d’étapes de création de l’oeuvre de ce grand peintre français du 19e siècle, à qui nous devons rendre l’hommage qui lui revient.

Principaux grands tableaux

  • Le labourage nivernais (1849), Musée d’Orsay, Paris, Commande de l’Etat, Base Joconde- exposé
  • Le marché aux chevaux (1853), Metropolitan Museum of Art, New York, exposé
  • La fenaison en Auvergne (1855) Château de Fontainebleau, commande de l’Etat
  • Portrait de Sultan et Saïda (vers 1888), deux des lions du dompteur François Bidel
  • La Foulaison du blé en Camargue, (1899), Musée des Beaux Arts de Bordeaux
  • Le Berger des Pyrénées (1864) commande du Duc d’Aumale, Musée Condé, Chantilly, exposé

Prix et distinctions

À l’issue du salon de 1853 où elle présente Le Marché aux Chevaux, le Jury des Récompenses stipule : « Par décision spéciale, Mlle Rosa Bonheur et Mme Herbelin, ayant obtenu toutes les médailles qu’on peut accorder aux artistes, jouiront, à l’avenir, des prérogatives auxquelles leur talent éminent leur donne droit. Leurs ouvrages seront exposés sans être soumis à l’examen du jury » ;

  • 1845 : Médaille de 3e classe (Paysage et Animaux);
  • 1848 : Médaille de 1re classe;
  • 1853 : Exemptée de Jury;
  • 1855 : Médaille d’Or
  • 1865: Chevalier de la Légion d’honneur, première femme artiste à recevoir cette nommination au titre des Beaux Arts: décret en conseil des ministres du 8 juin, signé par l’impératrice-régente qui lui apportera à By.
  • 1894: Officier de la Légion d’Honneur, c’est Sadi Carnot qui la décorera
  • Un monument à Rosa Bonheur, surmonté d’un taureau en bronze (réalisé par son frère, Isidore Bonheur), a été offert en 1901 par Ernest Gambart (son agent artistique) et érigé à Fontainebleau, sur la place Dénecourt, devenue place Napoléon. Le taureau a été fondu en 1942 (comme nombre de sculptures en France, la même année). Les trois bas-reliefs latéraux qui ornaient ce monument, qui représentaient trois œuvres majeures de Rosa Bonheur, ont pu cependant être sauvés et se trouvent actuellement au Dahesh Museum of Art, à New-York.

Bibliographie

  • Eugène de Mirecourt, Rosa Bonheur, Librairie des Contemporains, 1869, 64 p. [lire en ligne]
  • Anna Klumpke, Rosa Bonheur : sa vie son œuvre, 1908
  • Theodore Stanton, Reminescenses of Rosa Bonheur, Londres, 1910.
  • Anna Klumpke, Rosa Bonheur: The Artist’s Autobiography, University of Michigan Press, 2001
  • Danielle Digne, Rosa Bonheur ou l’insolence: histoire d’une vie 1822-1899, Denoël, 1980 .
  • Dore Ashton, Denise Browne Hare, Rosa Bonheur: a Life and a Legend, Viking, 1981.
  • Francis Ribemont, Dominique Cante, Rosa Bonheur (1822-1899), Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 1997.
  • Léon Roger-Milès, Rosa Bonheur. Sa vie, son œuvre, Société d’édition artistique, 2010 (exacte reproduction de l’édition de 1923)
  • Marie Borin, Rosa Bonheur : une artiste à l’aube du féminisme, éditions Pygmalion,2011.
  • Gonzague Saint Bris, Rosa Bonheur – Liberté est son nom, Robert Laffont, 2012.Rosa Bonheur, Ceci est mon testament, édition présentée par Suzette Robichon, Éditions iXe, 2012 (ISBN 9791090062047).